Glossaire

 

Ethnologie

Anthropology is the study of anybody shorter and darker than you. Ce reproche fut longtemps valable pour l'ethnologie qui, auparavant, s'appelait « Völkerkunde » (Étude des peuples) en Allemagne, et qui entreprenait de faire des recherches sur des « civilisations inconnues » en dehors de l'Europe. Elle joua ainsi un rôle important à l'égard du colonialisme et fut étroitement alliée à des structures coloniales. D'un côté les propriétés coloniales offraient un accès privilégié au « champ de recherche ». De l'autre les autorités coloniales attendaient des ethnologues des connaissances et des informations sur les colonisé(e)s afin de mieux les contrôler.

Pendant longtemps ce passé problématique n'a pas été interrogé au sein de l'ethnologie et aboutit à des critiques virulentes dans les dernières décennies – à la fois par des ethnologues mais aussi par des représentant(e)s des théories postcoloniales. Désormais des débats variés ont vu le jour et l'ethnologie commence à se tourner vers des recherches qui incluent les sociétés occidentales. Néanmoins, la recherche ethnologique n'est toujours pas dépourvue de tendances exotistes.

Pour plus d'informations :

informationszentrum 3. welt (ed.): Die Spur des Fremden führt zum Eigenen. Beiträge zur Kritik der Ethnologie. Freiburg 2001.

Im Fokus der Forschung – Die Ethnologie und ihr Objekt. iz3w Nr. 257, Nov./Dez. 2001.

Exotisme

« Exotique » signifie « étranger » ou « d'un pays inconnu, d'outre-mer » et le mot « exotisch » apparaît en allemand dès le siècle des Lumières et du colonialisme. Les objets «exotiques » étaient alors essentiellement les habitant(e)s des colonies de l'époque. Ils servaient d'écran pour les désirs et les fantasmes que les européen(ne)s blanc(he)s pouvaient projeter sur eux – comme par exemple l'idée que les colonisé(e)s avaient une sexualité plus libre et vivaient « plus proches de la nature ». Ainsi les indigènes étaient idéalisés comme des « sauvages nobles », mais en même temps les européen(ne)s les voyaient comme des êtres menaçants, incompréhensibles et incontrôlables. L'exotisme en tant que « regard fasciné jeté sur ce qui est prétendument étranger » en dit donc plus sur l'observateur(-trice) que sur l'observé(e).

Au premier regard, l'exotisme semble sans lien avec le racisme : l'exotisme mettrait plutôt l'accent sur les traits apparemment positifs des « autres » et évoquerait des associations telles que la proximité de la nature, les chaleurs tropicales ou la jouissance ; en revanche on associerait le racisme à la discrimination et la violence. Mais en fait exotisme et racisme sont étroitement liés, car l'esthétisation et la sexualisation eurocentriques de l'Autre impliquent aussi sa dévalorisation. D'une part les images exotistes véhiculent ? toujours des conceptions de primitivité et de sauvagerie, d'autre part elles ne se réfèrent qu'aux gens venant de l'hémisphère sud. Exotisme et racisme seraient donc les deux faces d'une même pièce.

Pour plus d'informations :

Danielzik, Chandra-Milena und Daniel Bendix: Exotismus. »Get into the mystery …« der Verflechtung von Rassismus und Sexismus

Diebold, Jan: Exotik, Oktober 2011

Impérialisme

En général le terme d'impérialisme désigne l'aspiration d'une grande puissance à élargir sa sphère d'influence et son pouvoir politique, militaire, économique et culturel sur d'autres régions du monde. La notion recouvre donc toutes les forces et toutes les activités qui contribuent à la mise en place et au maintient d'une telle sphère et d'un tel territoire. L'impérialisme dépasse pourtant la seule acquisition de colonies. La notion est utilisée essentiellement dans le contexte des expansions des grandes puissances européennes vers la fin du 19e et le début du 20e siècles ( au cours desquelles ? de nombreuses colonies ont été fondées).

Pour plus d'informations :

Osterhammel, Jürgen: Kolonialismus. Geschichte – Formen – Folgen.
C.H. Beck: München 1995.

Colonialisme

est un rapport de pouvoir entre des groupes au cours duquel les décisions fondamentales sur la manière de vivre des colonisé(e)s sont prises par une minorité de colonisateur(-trice)s ayant leurs propres intérêts et une autre culture, et n'étant pas disposés à s'adapter.

A l'époque moderne cela est habituellement légitimé par des doctrines de mentalité missionnaire basées sur la conviction des colonisateur(-trices)s d'être culturellement supérieur(e)s. Les différentes formes du colonialisme ont en commun d'être des systèmes de pouvoir basés sur la violence physique, militaire, épistémologique et idéologique et légitimés par des discours sur les « races » ou les civilisations (Castro Varela/Dhawan 2005, 13).

Pour plus d'informations :

Osterhammel, Jürgen: Kolonialismus. Geschichte – Formen – Folgen.
C.H. Beck: München 1995.

Castro Varela, María do Mar / Dhawan, Nikita: Postkoloniale Theorie. Eine kritische Einführung. transcript Verlag: Bielefeld 2005.

Révisionnisme colonial

désigne l'intention ou la tentative de rétablir un rapport de domination entre colonisé(e)s et colonisateur(-trice)s.

Avec le Traité de Versailles, l'histoire coloniale de l'Allemagne prend fin en tant qu'histoire réelle mais non en tant que rêverie et illusion continues. Immédiatement après la perte des colonies, l'Assemblé nationale de Weimar exprima ses idées révisionnistes sur les colonies. Les députés votèrent à 414 contre 7 voix une note contestant l'article 119 du traité de Versailles(1) et demandèrent « le rétablissement des droits coloniaux de l'Allemagne ». Par la suite un petit groupe de révisionnistes bien organisés continua à faire prévaloir la restitution des anciennes colonies. Il réussit à faire valoir cette question dans le débat sur la reconnaissance internationale de l'Allemagne. Jusqu'aux années 40 du 20e siècle beaucoup de personnes gardèrent l'espoir de pouvoir réoccuper les anciennes colonies. En 1943, à la demande de Hitler, l'ordre du chef de la chancellerie de la NSDAP, Martin Borgmann, mit fin à toute aspiration coloniale de l'Allemagne. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale la « nostalgie coloniale » s'embrasa de nouveau mais fut atténuée par l'indépendance de nombreux états en Afrique dans les années 1960. Mais même aujourd'hui on trouve encore des traces et des conséquences d'un révisionnisme colonial continu.

  • (1) « L’Allemagne renonce, en faveur des principales puissances alliées et associées, à tous ses droits et titres sur ses possessions d'outre-mer. »

 

Pour plus d'informations :

Van Laak, Dirk 2005: Deutschland in Afrika. Der Kolonialismus und seine Nachwirkungen. In: Aus Politik und Zeitgeschichte (APuZ 04/2005)

Osterhammel, Jürgen: Kolonialismus. Geschichte – Formen – Folgen.
C.H. Beck: München 1995.

« Nègre » (« Neger »)

Le terme apparut en allemand avec la naissance des théories des races au 19e siècle et implique jusqu'à ce jour un regard abaissant sur des personnes à la peau noire. Il implique nombre de stéréotypes racistes et eurocentriques : infériorité, victimisation, infantilisation, impulsivité, naturalité, surtout la représentation exagérée de la sexualité, absence de culture.

Nous renonçons à utiliser ce mot car jusqu'à ce jour il véhicule des point de vues idéologiques, des façons de penser et des hiérarchies de l'époque de l'esclavagisme et du colonialisme. En outre nous refusons l'utilisation du mot dans des expressions et des tournures de phrase. L'usage du terme est raciste, abaissant, réducteur et discriminant. De nombreux proverbes qui sont toujours d'usage en allemand témoignent de l'influence de ce concept péjoratif (art, industrie agro-alimentaire).

Un usage peu critique de ce mot transporte ces stéréotypes jusqu'à nos jours. L'emploi du terme réitère continuellement le racisme, et sa dimension discriminante ainsi que ses significations colonialistes se trouvent toujours exprimés. La mise en question de termes racistes n'est pas que du pinaillage : il faut interroger notre propre attitude linguistique car elle a des conséquences réelles ; le racisme est aussi engendré par le langage et opère à travers lui.

Pour plus d'informations :

www.derbraunemob.info

là: »Warum nicht« (fichier pdf, 349 Ko)

Susan Arndt und Antje Hornscheidt (éd.): Afrika und die deutsche Sprache. Ein kritisches Nachschlagewerk. Unrast: Münster 2009.

Panafricanisme

Le panafricanisme est un mouvement qui aspire à l'unité de tous les hommes d'origine africaine en tant que citoyen(ne)s du monde égaux en droits – libérés de toute oppression raciste, coloniale ou impérialiste. Le concept a son origine dans la diaspora des Amériques et dans les Caraïbes. On peut dater le début du mouvement à 1900, quand la première conférence panafricaine eut lieu à Londres avec des participant(e)s venant en majorité de l'Amérique du nord, de la Grande-Bretagne et des îles Caraïbes, mais aussi quelques-un(e)s de l'Afrique. Après 1945, au 5e congrès panafricain à Manchester, les revendications d'égalité et contre la discrimination furent complétés par l'appel à l'indépendance des colonies africaines. Outre une orientation plus politique, le mouvement se focalisait ainsi de plus en plus sur le continent africain.

Le panafricanisme n'est pas qu'une idéologie politico-sociale mais comprend aussi une gamme de forces religieuses, politiques et culturelles qui, de manière variée, militent pour l'égalité des noir(e)s. Le mouvement partage l'idée d'une unité acquise par l'expérience commune de l'esclavage, du colonialisme, du racisme et des discriminations quotidiennes.

Pour plus d'informations :

Legum, Colin: Pan-Africanism. A short Political Guide. Frederick A. Praeger: New York 1962.

Meyns, Peter: Panafrikanismus. In: Hofmeier, Rolf und Andreas Mahler (éd.): Kleines Afrika Lexikon. Beck: München 2004, 229 – 230.

Postkolonialismus

Race (Rasse)

D'un côté le terme de race peut être dérivé du mot arabe raz (= tête, chef, origine), d'un autre côté il peut provenir du mot latin radix (= racine). Au 15. siècle on l'employait en parlant de familles noble ou dans le domaine de l'élevage de chevaux. Lors de la Reconquista sur la péninsule Ibérique le terme changea de signification et fut employé pour marquer la différence entre des chrétien(ne)s et des non-chrétien(ne)s. Il ne s'agissait donc plus de la distinction entre familles nobles et bas peuple mais les traits désignés par le mot incluaient des marques distinctives telles la religion, la culture et l'origine. Au 18e siècle commence l'usage systématique du terme sur le fond de la classification biologique des êtres humains, ce qui impliquait la supposition d'un « ordre naturel » dans lequel les européen(ne)s blanc(he)s seraient en tête. Dans l'idéologie nationale-socialiste la « race » devient un critère pour décider de l'extinction de vies « sans valeur ».

Racisme

Le racisme est une idéologie qui opère l'idéalisation du propre par la diffamation et l'exclusion de l'autre et du prétendu étranger et qui influençait durablement la pensée politique de la modernité.

Dans l'antiquité Aristote formulait déjà les fondements théoriques de la supériorité des « peuples » grecs quand ils définissait les barbares, donc tous les non-grecs, comme étant nés pour être esclaves. Lors de la Reconquista en Espagne la persécution des non-chrétien(ne)s dès le 13e siècle en était la conséquence logique. En plus ? des pogroms et de l'Inquisition, des conversions forcées étaient un des moyens pour réussir la rechristianisation et la réorganisation de l'Espagne. Mais le fait qu'une différence entre la « vraie » identité intérieure et la foi affichée puisse exister posait problème pour les souverains. C'est pourquoi il leur fallu des instruments pour pouvoir découvrir les formes les plus cachées d'appartenance non-chrétienne (souvent juive), même plusieurs générations après la conversion. Ainsi l'origine comme trait d'appartenance apparaît et devient une catégorie exclusive.

La distinction « raciale » entre les hommes était un des principaux arguments pour les aspirations coloniales des 500 dernières années. Une supériorité présumée à l'égard des colonisé(e)s justifiait souvent une politique brutale de l'expansion. Aujourd'hui le terme désigne la discrimination pratiquée envers des hommes selon un classement hiérarchique suivant certains traits. De ces caractères sont tirés des conclusions sur les capacités, les qualités et le comportement. On attribue aux groupes ainsi construits des valeurs différentes – habituellement une valeur supérieur à son propre groupe et une valeur inférieure aux autres.

Pour plus d'informations :

Antidikriminierungsbüro (ADB) Sachsen (éd.): Rassismus in Sachsen. Aktuelle Perspektiven. Leipzig 2010.

Terkessidis, Mark: Psychologie des Rassismus. Westdeutscher Verlag: Wiesbaden 1998.

Geulen, Christian: Geschichte des Rassismus. C.H. Beck: München 2007.

Blanc / Noir

Nos mettons des majuscules aux termes Noir / Blanc même s'il s'agit d'adjectifs pour marquer la composante culturelle et sociale qui apparaît dans l'emploie de ces notions. Les mots ne renvoient pas à la couleur de peau mais au fait que des Noir(e)s sont discriminé(e)s alors que des Blanc(he)s profitent de privilèges.

Pour plus d'informations :

»Warum nicht« (fichier pdf, 349 Ko)